Un point sur la situation et les événements qui ont marqué la journée d’hier 24 octobre 2007.
Une mise au point avant de commencer: je ne souhaite pas citer les parties concernées par la vague de pénalités de PageRank qui a sévi hier. C’est inutile et non constructif.
Que s’est-il donc passé après la dernière google dance?
Plusieurs “gros” sites web francophones se sont vu réduire leur PageRank (affiché dans la toolbar Google -nous reviendrons sur cette précision), de PageRank 8 vers PageRank 5 ou de PageRank 7 vers PageRank 4.
En analysant attentivement ces sites, il fut assez facile de remarquer que tous font partie d’un même “business” d’échange de liens entre “gros sites”. Ces réseaux organisés, discrets et réservés aux bien informés (et bien rankés) sont dans le collimateur de Google depuis plusieurs mois.
Il faut donc voir ces pénalités d’un degré plus haut: ce n’est pas “un site” qui est visé, mais “un regroupement”. Google a été en mesure d’identifier un “réseau”, et en a pénalisé les participants en réduisant le PageRank affiché par la toolbar Google sur leurs pages principales.
Mais à quoi ça ressemble, tout ça, précisément? A quoi on reconnait ces liens?
Eh bien ça ressemble à ceci:

(j’ai volontairement supprimé les couleurs et masqué les logos)
Il ne faut pas être devin ou grand maître Gourou SEOlogue pour comprendre ce que ces placards de liens textes ciblés vers des pages profondes (pages “produits”) de sites tiers, en provenance de homepages à fort potentiel, (ou également de pages internes dans certains cas) peuvent avoir comme effet de boost pour le “client”.
J’ai pu remarquer sur beaucoup de sites également des liens en footer (pied de page) qui n’étaient pas mis en valeur comme c’est le cas ci-dessus, mais qui étaient aussi des liens profonds, ancrés “psp”, “voiture occasion” ou “TV LCD”. Tous ne sont pas encore “tombés”, il reste peut-être des surprises à venir.
Voici donc ce qui a été puni hier. A juste titre il faut le dire, et après avoir prévenu puisque depuis avril déjà, Google crie haut et fort que toute tentative de manipulation des résultats sera sanctionnée.
Je ne pense pas qu’il faille céder à la tentation de mettre Google sur le banc des accusés, comme certains se sont empressé de faire, l’accusant d’abus de pouvoir ou d’abus de position dominante (terme très à la mode, mais trop souvent utilisé n’importe comment). Il n’est pas nécessaire non plus de sauter sur l’occasion pour dire “c’est pour vendre de l’AdWords”, ou encore la plus grosse imbécilité que j’ai lue hier: “et les AdSense, ils les pénalisent pas ?” (Les liens AdSense c’est du JavaScript, non suivi, aucune influence sur le positionnement).
Google n’apprécie donc pas qu’on lui force la main, et fait un tour de force en altérant le PageRank affiché pour les sites “tricheurs”.
Attardons nous sur cette pénalité:
Les sites pénalisés ne semblent pas avoir perdu en positionnement: ils sont toujours là, toujours crawlés et indexés, toujours positionnés autant pour ce qui est de leur page d’accueil au PageRank raccourci que pour leurs pages internes. Il n’y a donc pas d’altération de potentiel.
Cela démontre une fois de plus que le PageRank affiché par la toolbar Google ne reflète pas le potentiel d’une page. Mais c’est un autre débat.
La sanction semble donc se limiter à une sanction “bonnet d’âne”: on ne perd pas de points, on ne prend pas de gifle, mais on est vu par tout le monde avec ce ridicule couvre-chef. C’est une sanction purement graphique, visuelle. Cette sanction est le fruit d’une intervention manuelle, pas d’un effet algorithmique.
La conséquence immédiate est évidemment une perte de confiance de la part de ceux qui achetaient ou négociaient/échangeaient des liens en se basant sur le PageRank comme sur un indicateur boursier. Qui va vouloir débourser 500€, 1000€ ou plus par mois pour des liens PR4 ?
A ce titre, une fois de plus, je dis “bien vu”: on ne pénalise pas le business “loyal”, en n’affectant pas le positionnement du site, mais on pénalise son business “underground” en le ridiculisant auprès des partenaires potentiels de ce business qui, rappelons-le, est contraire aux guidelines Google, et nuisent à la pertinence des résultats. Google protège son fonds de commerce à juste titre.
Une seconde sanction est-elle envisageable!?
Depuis plusieurs mois déjà, aux Etats-Unis, de nombreux sites (principalement des annuaires) qui vendaient ouvertement du positionnement se sont vu pénalisés, non pas par une chute de PageRank ou un retrait de l’index (black list), mais par l’annihilation du potentiel qu’ils transmettent (leur “link juice“).
Ces annuaires ont purement et simplement été stérilisés, comme castrés!
L’avenir nous dira si Google a appliqué cette pénalité à ces sites également.
En conclusion…
L’échange de liens hors thématique, ouvertement dédiés à manipuler les résultats de recherche Google, représente un risque réel pour les webmasters peu scrupuleux. Ici, Google s’est attaqué à des “gros poissons”, pour l’exemple et pour le buzz certainement, mais en y réfléchissant bien, ce ne sont pas quelques sites PR7/PR8 qui font le plus gros des malversations: un million de sites PR5 est bien plus puissant qu’une poignée de PR7!
A l’avenir, je ne serais pas étonné que Google continue cette chasse aux sorcières, et qu’il affine son algo de détection pour aller chercher la petite bête plus “profond” dans la masse de sites.
Une chose est certaine: ils ont dit qu’ils allaient le faire… ils l’ont fait. La menace reste à prendre au sérieux.
J’ajouterai quelques liens vers les sites qui traitent et ont traité du sujet, dans les prochaines heures.
Je tiens à remercier tout particulièrement mon consultant SEO préféré pour son aide à la recherche des causes, et à la rédaction de ce billet. (il se reconnaîtra
)